nov. 132019

PERSÉPOLIS

L’Iran est bien plus qu’une actualité internationale que nos médias nous présentent comme l’enfer sur terre. L’Iran, c’est un des berceaux de notre civilisation. Et Persépolis est une des preuves matérielles de ce passé.

Le palais royal de Persépolis, 400 ans avant J.-C.

Aller en Iran sans visiter Persépolis et sa nécropole était impossible pour nous. Cela aurait été comme aller à Rome et ne pas voir le Colisée et le forum, toute la base d’une Histoire.

Amis de ce qui est concis et court, j’ai bien peur que ma description ne soit un tantinet longue…

La Perse a été l’un des plus grands et plus puissants empires de ce monde qui a conquis nombre de pays. Elle a survécu à des guerres, des conflits avec ses pays voisins et aussi à des catastrophes naturelles pendant des siècles.

Persépolis (la cité perse, Parsa en vieux persan) et la nécropole royale font partie des vestiges les plus impressionnants de la Perse antique et de l’héritage achéménide.

Il s’agit de l’un des plus grands sites archéologiques au monde classé à l’UNESCO.
L’empire achéménide correspond à l’une des périodes les plus glorieuses de la Perse antique notamment avec le règne de Cyrus le grand et Darius le grand.

Tour à tour, les rois achéménides, Darius le grand, son fils Xerxès I, puis son petit-fils Artaxerxès I construisent Persépolis en s’inspirant des modèles mésopotamiens. On y trouve des influences grecques, assyriennes, babyloniennes et égyptiennes…

Les ruines de la cité royale de Persépolis se situent au pied du Kuh-e Rahmat (montagne de la grâce).
Elle se situe sur une immense terrasse mi-naturelle mi-artificielle, de 13 hectares, avec des escaliers monumentaux (deux volées de marches) qui vous conduisent à la porte de Xerxès, la salle du trône (Apadana), les salles de réception, la salle des 100 colonnes, les dépendances, le palais de Darius, les tombes d’Artaxerxes II et III à flanc de montagne…

Lorsque vous arrivez à Persépolis, d’en bas, vous contemplez près de 2500 ans d’histoire… c’est juste impressionnant !

Persépolis a été la capitale de l’empire, elle a été construite tout d’abord dans un besoin ostentatoire, pour impressionner lors de réception et des fêtes des rois et de l’Empire, mais elle fut aussi le siège du gouvernement de l’empire achéménide, elle fut le témoignage de la grandeur du roi et aussi de la grandeur de l’empire. Elle a été construite sur plusieurs siècles, avec des matériaux provenant de différents endroits de l’empire (Liban, Égypte…). Même si Persépolis reste un palais susien dans son architecture, Darius et Xerxès ont préféré la pierre utilisée sur les bords du Nil à la brique traditionnelle.

On se sent tout petit lorsque l’on passe « la porte de toutes les nations », gardée par des taureaux colossaux à l’entrée

Ici, la Porte des Nations, 500 ans avant J.-C.

et à la sortie par les Lammasus, des taureaux ailés toujours aussi colossaux de types assyriens .

Des inscriptions cunéiformes en vieux persan, babylonien et élamite la surmontent : « Je suis Xerxès, le grand roi, le roi de tous les rois, le roi de tous les peuples, le roi de cette terre grande au loin, le fils du roi Darius l’Achéménide. Grâce à Ahuramazda, j’ai fait ce Portique de tous les peuples ; il y a encore beaucoup de bon qui a été fait dans cette Perse, que moi j’ai fait et que mon père a fait. Tout ce qui a été fait en outre, qui paraît bon, tout cela nous l’avons fait grâce à Ahuramazda. »

La cité tout entière est un lieu d’hommage au roi.  On peut observer, en bas-relief, des scènes le symbolisant triomphant de monstres

et de très longues cohortes de guerriers et de gardes ainsi que des dignitaires et des sujets venus de tous les peuples de l’empire pour lui rendre hommage lors de la célébration du Norouz (le Nouvel An perse).

La cité représente la période la plus glorieuse de l’empire achéménide, mais aussi son déclin puisque c’est là qu’Alexandre le Grand a commencé son invasion et a pillé et détruit par le feu la cité en une nuit en 330 avant Jésus-Christ. Cette nuit-là, le palais de Darius est une des quelques structures qui ont échappé à la destruction par le feu.

Tachara, palais de Darius 1er

Selon l’UNESCO, le site de Persépolis (qui fait 13 hectares) dans les domaines de l’architecture, de la planification urbaine, de l’art de la construction et de la technologie n’a pas d’équivalent au monde parmi les sites archéologiques. Persépolis a un des systèmes d’écoulement et d’égout les plus complexes de l’antiquité. C’est un endroit vraiment très impressionnant.

Système d’égout

La NÉCROPOLE NAQSH-E ROSTAM

Voilà, encore un lieu impressionnant!! La nécropole des anciens rois perses se situe à peu près à 5 km de Persépolis. On y trouve quatre sépultures plus qu’impressionnantes, elles sont vraiment majestueuses, creusées à flanc de montagne. C’est Darius Le Grand qui a décidé de faire construire son tombeau sur un lieu sacré où se trouvaient des reliefs d’époque élamite. Cinq siècles plus tard, les rois sassanides choisiront d’y inscrire leur passage à l’aide de relief.

On peut y admirer 4 tombes royales : celle de Darius I, celle de Xerxès I, celle d’Artaxerxès I, et celle de Darius II. Les trois autres tombeaux à Persépolis attribués à Artaxerxès II, Artaxerxès III et Darius III sont inspirés de ceux de la nécropole royale.

Les tombes montrent une façade avec un schéma cruciforme à trois registres: un médian qui représente le palais achéménide, un supérieur qui montre les nations assujetties et le registre inférieur qui est vide.

Face aux colossales sépultures se trouve aussi le cube de Zoroastre, Kaba Zartosht, un temple du feu achéménide.

Voilà un petit tour du majestueux site de Persépolis, je vous souhaite de pouvoir le découvrir un jour. 😉


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